Presentation

Aux temps du fleuve Amour


Les eaux sombres de l’Amour ou « Dragon noir », comme on l’appelle en Chine, serpentent sur plus de 4400 kilomètres, depuis les steppes de Mongolie jusqu’au détroit de Tatarie, face à l’île de Sakhaline. Large de 13 kilomètres à la fin de sa course, ce fleuve est le géant de l’Extrême-Orient. Pourtant, l’Amour est encore aujourd’hui davantage fantasmé que réellement connu. Peu l’ont vu, raconté ou photographié. Les habitants de ses rives, descendants des premiers Sibériens, ne peuplent pas l’imaginaire occidental comme le font les Américains natifs, de proches cousins à maints égards.
    Nanaïs, Oultches, Oudégués, entre tant d’autres, portent en eux le poids des conquêtes et des assimilations successives, depuis l’arrivée des Cosaques jusqu’à celui du capitalisme contemporain. Ils luttent aujourd’hui, autant qu’il en est possible, contre la disparition de leurs traditions et de leurs modes de vie. C’est leur histoire distante, et néanmoins si ordinaire, que nous racontent les photographies de Claudine Doury. Prises à l’occasion de plusieurs séjours, depuis le début des années 1990 jusqu’à l’été 2018, dans les villes et les villages de Nergen, Ous-Gour, Boulava, Komsomolsk, Khabarovsk ou Blagovechtchensk, ces images nous replongent dans les aventures de Dersou Ouzala, les récits d’Anton Tchekhov ou les fictions contemporaines d’Andreï Makine. Elles évoquent aussi, par moments, les contes excentriques de Joseph Delteil: « Elle est née au bord de l’Amour, dans une cabane jaune, un soir... Le village est tout empli d’un bêlement de moutons. Chaque maison parfume ses poutres d’une odeur de cuisine grasse. Le fleuve bordé d’arbres blancs charrie un limon très tendre. Les renards bleus ont franchi la muraille. Une neige calme tombe sur la Sibérie. »1  
    Si tout exotisme est soigneusement évité, la photographe assume entièrement son émerveillement pour ces visages métissés et leurs lieux de vie, semblant venir d’un autre monde et d’un autre temps. Elle rend hommage à la grâce d’un visage, d’un geste ou d’une atmosphère, comme à la puissance de la nature environnante. Maintenant comme hier, ils sont saisis dans leur infaillible banalité, au travail, à la fête, ensemble, ou empêtrés dans leur solitude et leur isolement. Leur attente et leur désœuvrement récurrents frappent autant que l’éclat de leurs grâces quotidiennes.
    Comme l’Amour, l’œuvre sibérienne de Claudine Doury, réalisée sur une période de presque trente ans, constitue un ensemble de résidus historiques, temporels et physiques. L’œil attentif du voyageur / spectateur reconnaîtra peut-être, au fil des images, un paysage, telle femme ou tel homme prendre de l’âge, et cet enfant basculer dans le monde de l’adolescence. Mais il sera surtout frappé par un sentiment de familiarité. Rien n’a changé, rien ne bouge. Avec une grande subtilité, ce que donne à voir ici Claudine Doury, est sa fascination empathique pour ces peuples en transition perpétuelle. Ses images donnent corps à l’idée de la perte mais aussi à ce qui persiste, malgré tout.


Julie Jones

Historienne de l’art et commissaire d’exposition, Julie Jones est attachée de conservation au Musée national d’art moderne - Centre Pompidou, Paris.


1 : Joseph Delteil, Sur le Fleuve Amour (1922), Œuvres complètes (Grasset), pages 22-23

Agenda

Claudine Doury, lauréat de la Commande photographique nationale "La Jeunesse en France"

21.02.2017

Signature le 10 décembre de 15h à 18h du catalogue "L'Homme nouveau", ed. Filigranes

10.12.2016 - 11.12.2016

Biographie

Née en 1959. Vit et travaille à Paris.


Prix Leica Oscar Barnack, en 1999, et World Press Award, en 2000, pour sa série «Peuples de Sibérie».
Prix Niépce en 2004 pour l'ensemble de son travail.


EXPOSITIONS PERSONNELLES

2018

- « Le long du fleuve Amour », La Galerie Particulière, Paris.

- « Une odyssée sibérienne », exposition prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière 2017, en partenariat avec l'Académie des beaux-arts, Palais de l'Institut de France, Paris.

- « Adolescences », Festival du regard, Le Carreau, Cergy-Pontoise.

 

2016
- « L'Homme Nouveau », La Galerie Particulière, Bruxelles, Belgique.
- « L'Homme Nouveau », La Galerie Particulière, Paris.

2015

- « Sasha, Loulan Beauty, Artek », Galerie Domus, Villeurbanne.

 

2014
- « Loulan Beauty » et « Artek », Espace Saint Cyprien, Toulouse.
- « Sasha », Galerie Dityvon, Angers.
- « Peuples de Sibérie », Bibliothèque de Bobigny.

- « Loulan Beauty », galerie Confluence, Nantes.

- « Sasha et rites de passage », galerie Arkea, Le Relecq-Kerhuon.

 

2013

- « Peuples de Sibérie », Palais Jacques Coeur, Bourges.


2012
- « Sasha », La Galerie Particulière, Paris.          
- « Sasha », Galerie Box, Bruxelles, Belgique.
- « Sasha », Galerie Confluence, Nantes.

2011-2012
- Pavillon Carré de Baudoin, Paris.

2010
- La Fabrique du Pont d'Aleyrac, Saint-Pierreville.
- Théâtre de Brétigny-sur-Orge.


2009
- Dali Photo Festival, Dali, Chine.
- Galerie du Centre Culturel Joseph Kessel, Villepinte.

2008
- Breda Photo, Breda's museum, Pays-Bas.

 
2007
- Galerie Camera Obscura, Paris.

 
2006
- Médiathèque, Saint-Étienne.

 
2005
- Médiathèque, Noisy-le-Sec.

 
2004
- Picto Bastille, Paris.

 
2002
- Galerie du Théatre de la Passerelle, Gap.
- Centre culturel, Le Mans.

 
2001
- Hôtel de ville, Saint-Ouen-l'Aumône.

 
2000
- Festival Étonnants Voyageurs, Saint-Malo.
- Parc de la Villette, Pavillon Paul Delouvrier, Paris.

 

1999
- Musée Arctique de Rovaniemi, Finlande.



EXPOSITIONS COLLECTIVES

 

2018

- « Jeunes Générations - Série 1er Acte », La Friche Belle de Mai, Marseille.

 

2016

- Photo London, stand La Galerie Particulière, Londres, Royaume-Uni.

 

2015

- « Loulan Beauty », Sifest, Savignano, Italie.

- « Traversée, d'enfance à adolescence », Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône, Marseille.

- « Intérieur d'ailleurs - Intimités sociales », Musée Jean-Honoré Fragonard, Grasse.

 

2014
- Paris Photo Los Angeles, La Galerie Particulière, Los Angeles, États-Unis.
- Art Rotterdam, La Galerie Particulière, Rotterdam, Pays-Bas.
- Art Paris, La Galerie Particulière, Paris.


2013
- « Passages », Forum Meyrin, Genève, Suisse.
- Pulse Miami Art Fair, Miami, États-Unis.

2012
- « Sasha », Pulse Miami Art Fair, Miami, États-Unis.
- « Sasha », Les Photaumnales, Beauvais.
- « Passages », La petite biennale de la photographie, Blain.
- « Vues en ville II », Artothèque de la Roche-sur-Yon.
- « L'art de voir les choses », Galerie Camera Obscura, Paris.
- Art Paris, Art Fair 2012, Paris.


2011
- Paris Photo, Le Grand Palais, Paris.
-  « Vu à Paris », Institut Culturel Français, Rabat, Maroc.


2010
- Paris Photo, Carrousel du Louvre, Paris.
- Rétrospective des Lauréats du Prix Niépce, Musée du Montparnasse, Paris.


2009
- « C'est l'été », Galerie Camera Obscura, Paris.
- « 80+80 », Photo-Graphisme, Pavillon Carré de Baudoin, Paris.
- « Kreyol Factory », Parc de la Villette, Paris.

 
2008
- « France Kunst Art Be. / Réfléchir le monde », Centrale électrique, Bruxelles, Belgique.
- Collection photographique Agnès B, C/O Berlin, Allemagne.
- « Woman of many faces / Isabelle Huppert », Galerie du Manège, Moscou, Russie.


2007
- Paris Photo, Carrousel du Louvre, Paris.
- « Woman of many faces / Isabelle Huppert », Fotomuseum, Den Haag, Pays-Bas.


2006
- Rencontres Internationales de la photographie, Arles.
- « VU' 80-80. Les 20 ans de VU' », VU' la Galerie, Paris.
- « Woman of many faces / Isabelle Huppert », P.S.1 Contemporary Art Center, New York, New York, États-Unis.
- « VU' à Paris », Chapelle de la Salpêtrière, Paris.

2005
- Galerie l'Imagerie, Lannion.
- « Alguien nos mira », sélection de la collection photographique de la Fnac, Muvim, Valence, Espagne.


2004
- « La collection photographique Agnès B », Les Abattoirs, musée d'art contemporain, Toulouse.
- « La collection photographique de la Fnac », La Conciergerie, Paris.


2001
- Encontros de Imagem, Photo Festival, Braga, Portugal.


2000
- Centre photographique de Lectoure.


BOURSES ET PRIX

2018

- Prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière en partenariat avec l'Académie des beaux-arts.

 

2004
- Prix Niépce.
- Prix Yann Arthus Bertrand.


2000
- Prix World Press Photo, Amsterdam, Pays-Bas, catégorie « Nature and environment stories ».


1999
- Prix Leica Oscar Barnack.


1997
- Fiacre, Ministère de la Culture, France.


1996
- Villa Médicis hors les murs, Italie.


COLLECTIONS

- Fonds National d'Art Contemporain, Paris, France.
- L'Imagerie, Lannion, France.
- Encontros da imagem, Braga, Portugal.
- Artothèque, La Rochelle, France.
- Agnès B., Paris, France.
- Le Théâtre de la Passerelle, Gap, France.


BIBLIOGRAPHIE

- L'Homme nouveau, Éditions Filigranes, 2016 - Texte de Dominique Baqué.
- Sasha, Le Caillou Bleu, 2011 - Textes de Christian Caujolle & Melanie McWhorter.
- Loulan Beauty, Éditions du Chêne, 2007.
- Artek, un été en Crimée, Éditions de la Martinière, 2004.
- Peuples de Sibérie, Éditions du Seuil, 1999.

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Textes

Jusqu'à mes 17 ans, j'ai vécu dans une petite ville du sud des États-Unis. À 16 ans, j'ai décidé de me faire baptiser dans l'église baptiste du Sud. L'évènement ne fut pas aussi romantique qu'on pourrait le croire et n'avait rien à voir avec l'image d'Épinal du bien-aimé frère religieux à moitié plongé dans une rivière boueuse et brunâtre, apprêté comme à ses plus beaux jours, tandis que le sermon asséné avec force par le pasteur s'entrecoupait des hymnes cadencés d'une foule en délire. Mon baptême fut bien plus strict : je fus plongée dans une cuve stérile de la forme d'une baignoire, cachée derrière un décor bucolique de collines vallonnées sur fond de coucher de soleil dans une subtile palette de bleus, de verts et de mauves. J'imaginais l'assemblée des fidèles qui, à l'exception des plus anciens paroissiens que rien n'aurait pu réveiller, tendaient le cou pour mieux voir la scène, leurs têtes grises et ridées avachies comme de vieilles tomates sur une vigne fatiguée. J'étais là, sans force dans ma robe blanche, attendant que le pasteur ne me plonge dans l'eau. Je sentais le poids de mon âme me quitter une seconde ou deux. J'étais «born again». Aujourd'hui, je me remémore une vie qui n'a pas vraiment exaucé toutes les promesses de cette journée, et me rends compte que, faute d'autre cérémonie d'initiation familiale, cette décision prise arbitrairement à l'âge de 16 ans est, sans doute, le rite de passage que je devais m'imposer. Si «traverser le courant» n'était qu'une étape arbitraire, nombreuses sont les autres expériences, parfois monumentales, souvent banales, qui pointillent ma mémoire. Tout ce que je fis pour atteindre l'âge adulte.

 

Quelles que soient les cérémonies qui l'annoncent, nous devenons toutes femmes ; si la jeune fille survit à l'adolescence, la femme prendra inévitablement sa place. Sasha est l'une de ces jeunes femmes qui font l'expérience d'une transition rapide. Sa mère, la photographe Claudine Doury, la regarde à travers l'oeil de sa caméra et nous sommes tous témoins des étapes que Doury choisit de retracer : les aventures de l'enfant, qui n'est plus si jeune, mais se rapproche des dernières folies de l'enfance. La forêt entoure Sasha et ses cohortes, depuis la fin de l'été jusqu'à la mort de l'année, du vert jusqu'au brun, de la vie jusqu'à la disparition.

 

Nous voyons parfois Sasha couverte d'une poudre laiteuse ou d'une simple robe  blanche, parfois enveloppée dans la neige pure, vierge. Le blanc est symbole de pureté. Et de sacrifice. Les images de l'eau suspendent le temps : Sasha nous apparaît immergée jusqu'aux genoux, puis jusqu'au cou, et enfin, elle suit une amie dans des eaux sombres qui rappellent le souvenir romantique de mon baptême. L'eau, qui normalement nettoie le couteau qui s'offrira au palais, est cette fois un espace de repos pour le regard. Les symboles de Sasha, ou ceux de Doury, sont conflictuels ou indéfinissables : la neige peut être la vérité ou la raideur, la fumée est la transition ou la cécité ; l'eau, dans sa pureté, donne la vie ou la reprend ; les oiseaux nous apportent le savoir ou la maladie. Au cours de milliers d'années de l'histoire humaine, ces couleurs sont devenues porteuses de symboles, les animaux ont pris un tour métaphorique et, enfin, les images se sont faites allégories.

 

Doury nous conduit d'un espace ouvert et organique dans l'intérieur artificiel et stérile du logis, où le rythme est plus rapide et la vie plus pressante. Nous voilà aspirés, avec Sasha, sous une cloche de verre, délicate et transparente, tandis que le monde extérieur « est vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n'est qu'un mauvais rêve », comme l'a écrit Sylvia Plath. Étrangement, Sasha y repose, les yeux fermés ; dans un inconfortable rejet du monde adulte ou dans le refus de voir ce qu'il adviendra d'elle ? Dans un contraste total avec les descripteurs éthérés de l'enfance : la pureté, l'innocence, la curiosité, la vérité ; Sasha fait maintenant l'expérience de l'introspection, de l'impuissance, du confinement, du sacrifice et de la tristesse : les guerres de transition. L'enfant de Doury se retrouve souvent seule, enfermée ou confinée, dans un placard, enrobée dans un plastique transparent et posée sur le lit ou sous une autre enfant bien plus jeune. Si le poids est supportable, c'est la charge physique et psychologique qui pèse le plus lourd. Quand la surface réflective, de l'eau par exemple, apparaît, elle est atroce.

 

Sasha a beau tout faire pour voir son avenir dans le miroir, elle porte un visage translucide qui la déforme et défie le temps, on se détache d'une surface d'orbes magiques. On a coupé ses boucles blondes pour les placer dans une boîte. Un choeur d'iconographies religieuses ou jungiennes s'achève sur le gros plan d'une Pietà, et l'enfant semble reposer sans vie sur les genoux d'une jeune fille que traverse la lumière rembrandtesque d'une fin de journée. Elle recherche le confort et la sécurité dans de jeunes bras féminins. 

 

Enfin, revoilà la lumière - sans doute en opposition avec l'obscurité, même si la lourdeur reste présente. Nous retrouvons Sasha dans la nature. Elle est sortie de la maison et d'elle-même. Elle tournoie, elle court, elle joue. Comme tant de jeunes filles avant elle, elle est passée indemne de l'adolescence à l'âge adulte. Enfin, Sasha s'en est sortie, non plus seule, mais avec le premier personnage masculin dans ce récit. Nous les voyons de dos, courir vers la fumée et la forêt qui s'étend, au-delà d'eux-mêmes. Si l'histoire n'est pas finie, c'est un chapitre qui se ferme pour Sasha et pour sa mère.

 

L'identité de la jeune fille qui apparaît dans «La Jeune Fille à la perle» de Vermeer fait l'objet de nombreuses spéculations, sans que personne ne sache réellement qui elle est ; d'après Lawrence Weschler, on ne peut qualifier d'archétypal le moindre personnage féminin de Vermeer : « Si elle représente quoi que ce soit, c'est l'état d'unicité humaine, digne de nos propres réponses uniques et individuelles. » Nous pouvons porter un jugement sur Sasha, dans un souhait de donner aux images une signification qui nous est propre ; mais nous ne pouvons définir tout ce qu'est Sasha ou, d'ailleurs, tout ce qu'est sa génération, à partir d'une seule séquence d'images. Elle n'est représentative de rien ni de personne, si ce n'est d'elle même. À partir d'un seul événement à mes 16 ans, je ne pouvais prévoir que j'allais vivre une vie totalement vide de tout sentiment pieux. Il s'agissait d'un événement unique, semblable à une strate géologique vue sur le flanc d'une montagne, une cérémonie révolue recouverte de tant d'autres souvenirs. Ce sont les événements imprévisibles et parfois incontrôlables qui nous forment. Nous pouvons regarder Sasha à travers l'étroite fenêtre de sa vie, que nous avons nous-mêmes construite, mais nous ne pouvons prévoir ce qu'elle deviendra. Le livre la maintient dans l'état permanent de sa vie «ici et maintenant» : elle retiendra sa respiration, elle sera plongée dans une eau crépusculaire, elle perdra son souffle et s'oubliera un instant, avant de se retrouver, prête à vivre une nouvelle vie, qui n'appartiendra qu'à elle seule.

 


Mélanie McWhorter

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